Article
Portail de données ouvertes du gouvernement du Québec
Le lancement, jeudi dernier, du portail de données ouvertes du gouvernement du Québec a suscité plusieurs commentaires et échanges dans la communauté open data. Le présent billet vise à récapituler certains de ces commentaires pour l’ensemble de la communauté.
1. On notera l'effort du gouvernement de mettre en place un certain nombre de jeux de données dès le début. Sans avoir fait un dénombrement complet, le nombre de jeux de données semble au moins aussi grand que le portail de la Ville de Montréal. Toutefois, il semble que certaines de ces données étaient déjà disponibles de manière assez directe sur différents sites, notamment sur le site de l'Institut de la Statistique du Québec (qui, lui, ne fait pas mention du portail de données ouvertes). Il demeure toutefois pertinent de voir une consolidation des données des différents ministères et agences sur un portail.
2. La licence utilisée peut être qualifiée d'ouverte mais soulève plusieurs interrogations qui restent à éclaircir.
D'abord il s'agit d'une licence créée pour l'occasion. Le gouvernement a choisi de ne pas reprendre une licence générique ni une de celles déjà utilisées comme celle de la Ville de Montréal. La principale problématique que cela engendre, c'est lors de l'utilisation de données de plusieurs sources où il devient nécessaire et souvent périlleux de prendre en compte toutes les licences avec leurs limitations et leurs particularités.
Parlant de particularités, plusieurs personnes, dont James McKinney de Nord Ouvert et Kent Mewhort du CIPPIC ont commenté la clause d'indemnité qui a été insérée dans la section de responsabilité. Pour l'heure, personne ne s'est prononcé sur la portée réelle de cette clause, mais il est certain que cela pourrait refroidir quelques utilisateurs potentiels, notamment au niveau commercial.
3. La structuration des données en a surpris plusieurs. Comme l'a noté Michael Mulley, certains documents sont étiquetés comme XML, alors qu'à toutes fins pratiques ce sont des documents Word exportés au format XML; donc avant tout des documents Word. Toujours au format XML, des fichiers clairement structurés comme tables qui auraient plutôt mérité un export au format CSV.
4. Le portail contient aussi un lien vers des tableaux de bord, notamment les fameuses listes de structures sous surveillance par le MTQ, ainsi que la liste des grands chantiers avec les montants en jeu et les sous-contractants. Cette idée de proposer un tableau de bord passe un peu à coté de la philosophie des données ouvertes dont l'objectif n'est pas d'avoir des données compilées et formattées (un tableau de bord), mais bien d'avoir les données sous-jacentes. À voir les-dits tableaux de bord, il est probable que cette information est stockée dans une base de données, alors pourquoi ne pas l'ouvrir?
En conclusion, le gouvernement du Québec fait un premier pas intéressant mais malgré tout assez timide. Il est compréhensible à certains égards de commencer piano pour trouver des repères. Toutefois, il reste du chemin à faire pour se hisser parmi le peloton des gouvernements "open data" et pour en faire un outil de transparence gouvernementale.